Thés Japonais

En ce dimanche matin, au ciel si bas, si gris… penchée sur ma table basse japonaise & buvant un thé japonais, me vient à l’esprit d’écrire une brève, un billet sur le thé japonais.

J’ai eu la chance & le privilège d’habiter le Japon et de parcourir ce petit pays de long en large.

Une des choses, mais c’est une parmi des milliers, qui m’a enchantée est bien le thé japonais.

Il en existe tant de sortes qu’elles sont regroupées dans diverses catégories ;

  • le thé MATCHA me semble le plus noble, car utilisé lors de la fameuse « cérémonie du thé ».  Il se présente sous la forme raffinée (raffinée dans tous les sens du terme),  d’une poudre verte – un vert à la fois puissant, intense, mais couleur à laquelle  nous sommes peu habitués en occident-. J’ai retrouvé cette couleur, dans certains motifs de kimonos.  Je pourrais vous écrire des pages entières sur la cérémonie du thé, ce sera peut-être pour une autre fois, tant il est vrai que j’aime les « cérémonies », les « rituels », ces gestes précis, appliqués & à la fois naturels, pour créer un « vide » ce MU, kanji de 12 traits (un des kanjis les plus compliqués & paradoxal pour représenter le vide qui ne peut l’être) , pour amener l’autre à simplifier, se désencombrer l’esprit.
  • Le BANCHA, le thé le plus courant, celui de tous les jours. Il se décline sous plusieurs formes : Le Genmaicha, thé vert accompagné de grains de riz soufflés, le Mugicha, thé à base d’orge, servi glacé pour aider à supporter la chaleur humide estivale et puis l‘Hojicha, ce thé grillé   (roasted tea) qui accompagne les repas de tous les jours. Ce thé a un goût qui désempare les européens J’avais eu du mal à m’y faire, & désormais, je le trouve excellent. Tous ces thés sont parfaits pour les repas du soir, car faible en théine.
  • Le SENCHA, qui est le thé vert le plus répandu en France. Il se boit lors de toute occasion. Là aussi la variété est large, allant du plus simple, aux plus grands crus venant des jardins les plus rares.  Le thé Sencha le plus simple (Karigane) est aussi à mon goût un des plus parfumés, car fait de longues feuilles vertes séchées, mélangées avec des « stems » (des tiges) qui lui confère des arômes uniques, frais, qui se succèdent en se lisant ou s’écrivant dans le palais.
  • Le GYOKURO, commence à émerger en France. Ce thé vert sophistiqué a la particularité de pousser à l’ombre & d’offrir une douceur, voire presqu’un arôme sucré. Je suppose que vous savez à quel point l' »ombre » a son importance dans la culture japonaise (Cf l’éloge de l’ombre de J. TANIZAKI). Tout ceci fait que c’est un des thés verts les plus recherchés au Japon. Sa préparation est méticuleuse car l’eau ne doit pas être trop chaude, et l’utilisation de petites tasses est requise pour faire refroidir l’eau. Le parfum de ce thé se développe vers 70°.

Voilà, j’aurais voyagé en écrivant ce matin.

Je sais, c’est un luxe, mais je fais venir directement mon thé du Japon ;

je l’achète dans une boutique online https://shop.ippodo-tea.co.jp/shop/en/, qui est très efficace & fiable.

Ce magasin de thé se trouve dans la vraie vie, à Kyoto. Il  fait salon de thé (dégustation de Thé), donc ne vous attendez pas à y trouver des gâteaux comme en France. En revanche il vous sera servi un minuscule et délicieux gâteau de pâte de riz, fourré de pâte d’haricot rouge.

Il est peu connu des touristes qui traversent la ville en un ou deux jours, mais est très recherché des Kyotoïtes qui font la queue le samedi et le dimanche pour y passer quelques instants de sérénité.

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